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Prévoyance

Retraite : pour éviter les mauvaises surprises

Au moment de la retraite, le pouvoir d’achat baisse de façon importante. Cela peut être un choc pour ceux qui ne s’y sont pas préparés. Quelques conseils pour maintenir son train de vie.

Dominique a 64 ans. Cet ancien dessinateur industriel est à la retraite depuis trois ans et demi. Et depuis, il a changé de niveau de vie. « Je n’ai jamais été riche, mais je ne comptais pas, se souvient-il. Quand je voulais me faire plaisir, je ne faisais pas mes comptes dans ma tête : j’allais au restaurant ou au spectacle sans me poser de question. Aujourd’hui, je dois tout calculer à l’euro près. Et je redoute la panne de voiture, de télévision ou les soins dentaires qui me mettraient définitivement dans le rouge. » Comme Dominique, de nombreux retraités ont du mal à joindre les deux bouts. Certains connaissent même de graves difficultés financières. Selon l’enquête annuelle de la Banque de France, le pourcentage de surendettement chez les plus de 55 ans est passé de 13 à 23 % en dix ans. Dans la plupart des cas, ils n’ont pas su évaluer leur situation financière à la retraite et ont dû contracter des crédits qu’ils n’ont jamais pu rembourser. « Tout à coup, vous perdez une part non négligeable de pouvoir d’achat, explique Dominique. Pour moi, ça a été un choc, je n’étais pas préparé à cela. » La pension mensuelle moyenne – obligatoire et complémentaire tous régimes confondus hors bonifications –, est de 1 216 euros(1). Mais le mode de calcul varie selon votre activité. « Les salariés du privé ainsi que les artisans ou commerçants perçoivent une retraite de base à taux plein, s’ils ont suffisamment cotisé, égale à 50 % de la moyenne de leurs salaires ne dépassant pas le plafond de la Sécurité sociale, calculée sur les vingt-cinq meilleures années », détaille-t-on au Gip Info retraite. Plus une retraite complémentaire obligatoire, qui dépendra du nombre de points acquis.

Préparer, anticiper, organiser

« Les fonctionnaires, eux, touchent environ 75 % de leur traitement pour une retraite à taux plein, indique le Gip. Avec, depuis 2003, une retraite additionnelle basée sur les rémunérations accessoires (primes, indemnités, avantages en nature…). Quant aux professions libérales, le taux de liquidation dépend totalement de la durée d’assurance. » Préparer, anticiper, organiser… Voici les maîtres mots de Marc Fiorentino, spécialiste des marchés financiers, auteur de Sauvez votre retraite (éditions Robert Laffont). Selon lui, l’important est « de prendre le contrôle de votre retraite ». Cela débute par une évaluation : « Vous commencez par le montant de votre future retraite. Pour cela, le relevé individuel de situation (Ris) que vous recevez tous les cinq ans à partir de 35 ans est très précieux : il recense vos différents emplois, vos rémunérations, vos trimestres, avec une distinction entre votre retraite de base du régime général de Sécurité sociale et votre ou vos retraites complémentaires. » Ajoutez à cette pension estimée vos autres revenus (épargne, immobilier) et soustrayez vos dépenses potentielles (loyer, enfants, loisirs…). Le résultat correspond à ce qu’il vous restera – ou pas – à la fin du mois.

L’épargne et l’immobilier

En fonction de ce bilan fictif, vous pouvez décider d’agir pour le faire évoluer. Il existe deux grandes stratégies : l’épargne et l’immobilier. « L’immobilier est une des clés de la retraite, assure Marc Fiorentino. C’est même la clé principale. Si, à l’âge de la retraite, vous êtes propriétaire d’un bien immobilier sans hypothèque, vous êtes sauvé ! » Quant à l’épargne, vous avez plusieurs possibilités : l’assurance vie (la solution la plus populaire en France), les livrets (livret A, livret de développement durable…), le plan d’épargne en actions (PEA), le plan d’épargne retraite populaire (Perp), le plan d’épargne retraite collectif (PERCO) ou encore les dispositifs spéciaux pour les fonctionnaires. Mais ce spécialiste des marchés financiers insiste sur un point fondamental : « Les logiques sont différentes en fonction des âges et des profils. » Ainsi, selon lui, si vous avez entre 27 et 37 ans, la priorité va à « l’épargne risquée », en partie en tout cas, susceptible de vous rapporter davantage. Entre 37 et 47 ans, misez sur l’immobilier. Entre 47 et 57 ans, préoccupez-vous de votre indépendance (voir encadré). Au-delà, comptez sur l’épargne sécurisée et l’immobilier locatif.

Virginie Plaut

(1) Source : Les retraités et les retraites en 2010, publication de la Direction recherches, études, évaluation et statistiques (Drees), février 2012.

Encadré 1

Regarder la dépendance en face

La dépendance – perte d’autonomie qui entraîne un besoin d’aide dans la vie de tous les jours – touche actuellement un million de personnes. Au total, un quart des Français seront un jour ou l’autre confrontés à ce problème. Or cette dépendance a un coût : 3 000 euros en moyenne par mois, bien plus du double de la pension moyenne. C’est pour cela qu’il est important de prévoir soit une assurance dépendance dont le but unique est de pallier votre dépendance éventuelle – les fonds sont donc perdus si, par chance, vous y échappez – soit une assurance vie avec une option dépendance, qui vous permettra d’obtenir une rente plus élevée en cas de dépendance.

V. P.

Encadré 2

Agirc-Arrco : pouvoir d’achat en baisse

Renflouer les caisses des retraites complémentaires : une nécessité qui a donné lieu à un accord au début du mois de mars entre les partenaires sociaux. Résultat : une augmentation des cotisations patronales et une désindexation des pensions de retraites pendant trois ans. Rappelons que, jusqu’à présent, les retraites complémentaires augmentaient au même rythme que l’inflation. Désormais, les pensions des cadres du privé (Agirc) et celles de tous les salariés du privé (Arrco) progresseront moins vite, de un point. Cette mesure se traduira par une baisse du pouvoir d’achat des retraités du privé.

S L.