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L’hyperactivité de l’enfant et de l’adolescent

Des difficultés de concentration, une impulsivité marquée et une agitation incessante chez un enfant peuvent évoquer un trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH). Une fois le diagnostic posé, des prises en charge efficaces existent.

« C’est un hyperactif. » Un enfant agité a tôt fait de se voir accoler cette étiquette. A tort ou à raison. Les médecins parlent, quant à eux, de trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH). « Le noyau de ce syndrome est le déficit de l’attention, associé ou non à l’hyperactivité motrice », explique la Dre Marie-France Le Heuzey, psychiatre pour enfants et adolescents, auteure de L’enfant hyperactif et de L’adolescent hyperactif (éditions Odile Jacob). Le TDAH se caractérise par l’association de trois symptômes. Le premier, central, se traduit par une difficulté à soutenir son attention : l’enfant ou l’adolescent se concentre difficilement sur son travail comme sur ses jeux, organise mal son temps, oublie les tâches routinières. Vient ensuite l’impulsivité : il ne parvient pas à attendre son tour pour répondre, coupe la parole, interrompt les conversations. S’y ajoute éventuellement une hyperactivité motrice, avec une agitation et une difficulté à demeurer assis sur une chaise sans se tortiller. La proportion d’enfants diagnostiqués est de 3 à 5 %, soit environ un par classe. « Enfants et adolescents sont concernés de manière semblable, note la spécialiste. Sauf que chez l’adolescent, si l’hyperactivité motrice a existé, elle est généralement devenue moins visible avec l’âge. » Parfois, les adolescents sont repérés tardivement en raison de difficultés à écouter les cours, mais ne présentent aucune agitation physique.

Epuisement des parents

Souvent, d’autres troubles sont associés au TDAH. La moitié des hyperactifs souffrent de problèmes de sommeil : ils s’endorment tard et se réveillent tôt, ce qui contribue à l’épuisement des parents. La même proportion présente des difficultés d’apprentissage (dyscalculie, dysorthographie, etc.). Viennent ensuite les troubles anxieux, dépressifs, oppositionnels. Par ailleurs, on constate une plus grande propension aux addictions, comme le tabac, l’alcool, les drogues, mais aussi les jeux vidéo. Le signe qui alerte généralement les parents, dès la maternelle, est l’impossibilité pour le petit de demeurer assis, tranquille. Mais, le plus souvent, c’est au début de l’école primaire que les difficultés d’attention se manifestent, quand il faut rester concentré pour apprendre à lire, écrire, compter. Les instituteurs décrivent l’élève comme « toujours dans la lune ». Les parents se plaignent de devoir répéter sans cesse : « Reste assis à table ! » « Pour parler de TDAH, il faut que les symptômes existent dans au moins deux situations de la vie : à l’école et à la maison, à l’école et au centre de loisirs, à la maison et chez les grands-parents, détaille la Dre Le Heuzey. Si ces troubles n’apparaissaient qu’à la maison ou qu’à l’école, il pourrait s’agir d’une difficulté avec les parents ou dans la scolarité. Mais la cause principale de consultation est généralement en lien avec l’école. »

Dialogue avec la famille

Ce sont les neuropédiatres ou les pédopsychiatres qui posent le diagnostic à partir d’une évaluation clinique, s’appuyant éventuellement sur des tests. « Beaucoup d’enfants en situation d’échec ou d’exclusion et de parents désignés comme de mauvais parents, en grande souffrance, accueillent avec soulagement ce diagnostic qui met enfin un mot sur leurs difficultés », relate la psychiatre. La prise en charge passe d’abord par un dialogue avec la famille, qui peut s’accompagner d’aides plus spécifiques : psychothérapie comportementale ou cognitive, rééducation en orthophonie ou en psychomotricité. Des aménagements scolaires peuvent être mis en place pour les horaires et les devoirs. « Si ces accompagnements ne suffisent pas, on peut aussi proposer un traitement médicamenteux à l’enfant de plus de 6 ans, en particulier quand son hyperactivité perturbe la classe », ajoute la Dre Le Heuzey. Faute de guérir à la puberté, on apprend à vivre au mieux avec le TDAH. « Si l’enfant est bien pris en charge, avec des parents qui soulignent ses réussites, il découvre en grandissant des stratégies pour mieux gérer ses activités et son temps, poursuit la médecin. Les gênes et les handicaps s’atténuent. L’hyperactivité, avec la capacité d’entreprendre plusieurs activités en même temps, d’avoir cent idées à l’heure, peut même devenir un atout. »

Corinne Renou-Nativel

Encadré 1

Un dépistage rapide évite les souffrances scolaires

C’est Nathalie, 40 ans, comptable, qui a découvert que son fils Mathieu, aujourd’hui âgé de 15 ans et élève de 3e, souffrait peut-être d’hyperactivité. « Petit, il courait dans tous les sens, bougeait en permanence, ne savait pas s’arrêter, ne restait pas à table, ne parvenait pas à se concentrer sur ses devoirs, raconte cette maman. Il avait du mal à trouver le sommeil et ses nuits étaient agitées. En 6e, il s’est effondré : les notes devenaient très mauvaises et son écriture illisible. Son agitation exaspérait ses professeurs. Il a été exclu de l’aide aux devoirs et des cours de théâtre. Il allait au collège avec des maux de ventre et a pris 7 kilos alors qu’il était très sportif. » Personne ne parle d’hyperactivité, mais Nathalie cherche sur Internet une description qui corresponde à son fils. Le site de l’association TDHA France donne enfin un nom aux troubles dont souffre Mathieu. Une neuropédiatre de l’hôpital de Beaumont-sur-Oise confirme cette hypothèse et prescrit un traitement à Mathieu. « Il a aussitôt été plus posé, plus concentré, plus serein, témoigne Nathalie. Comme il est aussi dyslexique, il bénéficie d’un projet d’accueil individualisé (PAI). Il arrête le traitement durant le week-end et les vacances. Aujourd’hui, il est beaucoup mieux dans sa peau. »

C. R.-N.