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A chacun(e) sa contraception !

Un moyen de contraception se choisit au cas par cas en fonction de ses habitudes de vie, de son âge ou encore de ses antécédents médicaux. Charge aux professionnels de santé d’expliquer à leurs patients les avantages et inconvénients des différentes méthodes disponibles.

Il existe aujourd’hui plus de dix moyens de contraception différents. Mais la méthode numéro un en France, c’est la pilule. Même si son utilisation a légèrement diminué depuis 2000, elle est toujours choisie par environ une femme sur deux. Pourtant, la pilule ne convient pas à toutes. En théorie, elle est efficace à 100 %. Sauf que dans la pratique, son efficacité est bien moindre : entre 92 à 94 % pour les pilules les plus fréquemment prescrites, celles qui contiennent à la fois des œstrogènes et des progestatifs. Les échecs s’expliquent en grande partie par les oublis. La France se retrouve face à une contradiction : le taux de contraception est élevé dans le pays et pourtant, « il subsiste un nombre important de grossesses non prévues, souligne la HAS. Un tiers de ces grossesses est dû à l’absence de contraception tandis que les deux autres tiers surviennent sous contraception ».

Oublier son comprimé

Le cas de Marion, 26 ans, est symptomatique. A 15 ans, elle se voit prescrire Diane 35®, un médicament antiacnéique aujourd’hui retiré du marché. Son acné disparaît mais elle continue de prendre ce traitement aux effets contraceptifs. « C’était devenu ma pilule, jusqu’à ce que je tombe enceinte », raconte Marion à qui il arrivait régulièrement d’oublier son comprimé. Elle subit une interruption volontaire de grossesse. Puis, sous pilule minidosée, nouvelle grossesse non désirée et deuxième avortement. Finalement, elle abandonne la pilule pour l’anneau vaginal, moins contraignant. Après l’affaire des pilules de 3e et 4e générations, susceptibles d’augmenter le risque de thrombose veineuse, le ministère de la Santé souhaite dissiper la suspicion et combler le manque d’information. Avec le message « La contraception qui vous convient existe », il propose une campagne de sensibilisation aux femmes – et aux hommes. Un site Internet permet à tous de s’informer (voir encadré).

Un choix éclairé

Bien souvent, le choix d’un contraceptif s’impose par la norme en vigueur en France : au début de la vie sexuelle, on utilise un préservatif, on passe ensuite à la pilule puis au stérilet quand on a eu des enfants. Or pourquoi choisir le préservatif si l’on a des relations régulières ? Pourquoi continuer avec la pilule si l’on est étourdiealors qu’un stérilet, un implant ou un anneau pourraient davantage convenir ? Faire un choix éclairé et efficace suppose en fait un long échange entre patient et professionnel. « Une méthode sera bien acceptée si tout a été bien expliqué », constate Béatrice Guigues, vice-présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Elle insiste pour ne pas diaboliser la pilule : « Elle a été beaucoup blâmée mais il faut dire que c’est un bon moyen de contraception ». A chaque renouvellement de prescription, la discussion doit être réengagée pour s’assurer que la contraception convient toujours. « Mais quel que soit le contraceptif, une période d’adaptation de l’ordre de trois mois est nécessaire, prévient la gynécologue. Il ne faut donc pas changer trop fréquemment, sinon, on n’est jamais satisfaite. »

Sandra Jégu

Encadré 1

Les différents moyens de contraception
  • Le stérilet
    On l’appelle désormais dispositif intra-utérin (DIU). Il en existe deux types : le DIU au cuivre et le DIU hormonal. Il est placé dans l’utérus par un médecin ou une sage-femme. Il est efficace durant quatre à dix ans, selon le modèle.
  • Les spermicides
    Une contraception dite de « dépannage ». Les spermicides se présentent sous forme de gel ou d’ovule qui se placent dans le vagin quelques minutes avant chaque rapport.
  • L’implant
    Il s’agit d’une méthode hormonale. Un bâtonnet cylindrique de 4 cm de long et de 2 mm de large est inséré sous la peau du bras, sous anesthésie locale. Il peut être laissé en place pendant trois ans.
  • Le préservatif féminin
    Il s’agit d’une gaine en nitrile ou polyuréthane munie d’un anneau souple aux deux extrémités qui se place dans le vagin. Il peut être mis plusieurs heures avant le rapport. Avec le préservatif masculin, il s’agit du seul moyen de contraception qui protège également du VIH et de la plupart des autres infections sexuellement transmissibles (IST).
  • Le préservatif masculin
    Avec le préservatif féminin, il s’agit du seul moyen de contraception qui protège également du VIH et de la plupart des autres infections sexuellement transmissibles (IST).
  • La pilule
    Il en existe de deux types : les pilules qui contiennent deux hormones, des œstrogènes et des progestatifs, et celles qui contiennent des progestatifs seuls.
  • Le patch
    Il s’agit d’une méthode hormonale. Le patch est à coller soi-même sur la peau et à renouveler chaque semaine pendant trois semaines. Durant la 4e semaine, on ne met pas de patch mais on reste protégé. Le retrait du patch provoque l’apparition des règles.
  • L’anneau vaginal
    C’est un anneau souple à placer soi-même dans le vagin et à retirer au bout de trois semaines. Au début de la 4e semaine, on enlève l’anneau, ce qui provoque l’apparition des règles. L’anneau contient deux types d’hormones : des œstrogènes et des progestatifs.
  • La cape cervicale
    Il s’agit d’un dôme très fin qui vient recouvrir le col de l’utérus. Elle peut être posée au moment du rapport sexuel ou plusieurs heures avant. Il est important de la garder pendant huit heures après le rapport. Elle est réutilisable.
  • Le diaphragme
    Il s’agit d’une coupelle en silicone que l’on place soi-même dans le vagin. Il s’utilise associé à des spermicides. Il peut être posé au moment du rapport sexuel ou plusieurs heures avant. Il est important de le garder pendant huit heures après le rapport. Il est réutilisable.
  • Les progestatifs injectables
    Un progestatif de synthèse est injecté par piqûre intramusculaire tous les trois mois.
  • Les méthodes naturelles
    Il s’agit notamment des méthodes d’abstinence périodique ou de retrait. Elles sont peu fiables et contraignantes.
  • La stérilisation à visée contraceptive
    Pour les femmes et les hommes majeurs. Elle provoque une stérilité considérée comme définitive.
  • La contraception d’urgence
    Il en existe de deux sortes : la contraception d’urgence hormonale ou le dispositif intra-utérin au cuivre.

Plus d’informations sur www.choisirsacontraception.fr